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Guerre en Ukraine et jeux vidéo : comment les entreprises réagissent ?

L’Ukraine est l’un des plus gros centres de développement de jeux vidéo en Europe et ce depuis près de trente ans.

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, le Premier Ministre Ukrainien Denys Chmyhal a demandé à plusieurs entreprises spécialisées dans le jeu vidéo, telles que Sony ou Xbox (Microsoft) d’entreprendre des sanctions à l’égard de leur envahisseur. De plus en plus d’initiatives sont prises par la communauté internationale et impactent désormais de nombreux aspects de la vie quotidienne des Russes.

L’Ukraine est l’un des plus gros centres de développement de jeux vidéo en Europe et ce depuis près de trente ans. De nombreux titres aujourd’hui considérés comme des classiques sont sortis de ses frontières, comme la série des S.T.A.L.K.E.R. ou des Metro. Aujourd’hui, près de 500 entreprises occidentales telles que McDonald’s, Coca-Cola, Ikea, Adidas ou Chanel ont annoncé le gel provisoire de leurs activités en Russie afin de sanctionner les crimes commis en Ukraine. Les entreprises du monde du jeu vidéo ne sont pas en reste, et un grand nombre d’entre elles ont appliqué des sanctions sur le marché russe.

Le monde du jeu vidéo uni contre la Russie

Sony (PlayStation) a annoncé le 9 mars dans un tweet avoir suspendu « …l’expédition de jeux et de consoles […] et les opérations du PlayStation Store en Russie. » De plus, la simulation de course automobile Gran Turismo 7, très attendue par la communauté des joueurs, n’a pas été mise à disposition du public russe depuis la sortie du jeu le 4 mars. Ceci est dû à une décision de la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile), qui a participé au développement du jeu. L’organisation a décidé de bannir toute participation russe au sein du sport automobile, tout en incluant l’e-sport.

Le même jour, Microsoft a également agi en annonçant que la distribution de produits Xbox (consoles, jeux et abonnements) serait suspendue sur le territoire russe. Toujours le 4 mars, Electronic Arts (EA) a également annoncé le retrait de ses produits de la circulation en Russie. Ceci suit une décision de EA Sports, qui avait annoncé quelques jours plus tôt retirer toutes les équipes russes de ses jeux FIFA 22 et NHL 22 après que les organismes régissant ces sports (football et hockey) aient appliqué des sanctions aux équipes russes.

La dernière entreprise en date à avoir pris une décision sanctionnant la Russie est Wargaming, à qui l’on doit les jeux World of Tanks, World of Warships ou encore World of Warplanes. Le 4 avril, le développeur basé à Minsk a annoncé dans un communiqué la fermeture de ses studios en Russie et en Biélorussie, où il était notamment présent depuis sa création en 1998. La gestion de ses jeux en Russie et en Biélorussie a été remise au studio Lesta, basé à Saint-Pétersbourg. Les deux entreprises ne sont d’ailleurs plus affiliées l’une à l’autre. Embauchant près de 5500 personnes réparties dans 20 studios, l’entreprise annonce dans son communiqué s’attendre à « …de lourdes pertes aussi bien financières qu’en termes de ressources humaines. » Cependant, elle précise que les employés touchés par ces fermetures recevront « Autant d’indemnités de départ et de soutien que possible. »

Malgré tout, certaines entreprises arrêtent de distribuer leurs produits à cause de concours de circonstances. Nintendo, par exemple, a dû suspendre l’eShop de la Switch en Russie car leur système de paiement dépend d’une entité bancaire ayant banni le rouble. Nintendo a depuis suspendu la distribution de ses produits sur le territoire russe, sans pour autant y joindre un message de soutien à l’Ukraine comme les autres entreprises ayant boycotté le pays. Valve est également impacté par le même problème que l’entreprise nippone, les roubles ne pouvant plus être utilisés sur Steam pour l’instant et empêchant donc un grand nombre de joueurs russes d’acheter de nouveaux jeux en ligne.

Tout de même, quelques bons samaritains

Cependant, toutes les entreprises du monde vidéoludique ne se contentent pas de retirer leurs produits de la circulation sans le pays. D’autres décident d’offrir un soutien direct à la population ukrainienne par des dons. C’est le cas d’Epic Games avec son jeu Fortnite. Le 20 mars, quelques jours après le début de l’invasion de l’Ukraine, une nouvelle saison du jeu a été lancée, en même temps qu’une collecte de fonds. L’initiative a connu un succès inattendu, en récoltant plus de 50 millions de dollars en trois jours, et 70 millions au 28 mars. La collecte s’est terminée le 3 avril, et le vice-Premier Ministre Ukrainien n’a pas manqué de remercier Epic Games pour les 144 millions de dollars récoltés par les joueurs. Ce résultat ahurissant est dû en partie à Xbox, qui a soutenu l’évènement en renonçant à sa part des bénéfices. L’argent a finalement été redistribué dans son intégralité à Direct Reflief, au Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, au programme Alimentaire Mondial, ou encore au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et à la World Central Kitchen.

Il est également difficile de ne pas parler d’Ubisoft. Le développeur et éditeur français, l’un des plus gros noms sur le marché, a par exemple offert 200 000€ de dons à la Croix Rouge Ukrainienne ainsi qu’à l’organisation non gouvernementale Save The Children. De plus, Ubisoft a décidé d’offrir des logements aux personnes déportées dans des pays voisins et d’avancer la paie de ses employés afin de les aider dans ces temps difficiles.

D’autres importantes entreprises ont offert leur soutien à l’Ukraine et sa population, comme la Pokémon Company, qui a donné 200 000 dollars tout en invitant ses internautes à donner sur le site GlobalGiving.org. Activision Blizzard, connue pour son MMORPG World of Warcraft, a annoncé doubler toutes les donations de ses employés à des organismes de soutien travaillant en Ukraine. L’entreprise polonaise CD Projekt Red, créatrice de la série The Witcher et du jeu évènement Cyberpunk 2077 a également donné près de 250 000 dollars pour aider l’aide humanitaire en place.

Pourquoi ces sanctions ?

Le marché du jeu vidéo est prolifique en Russie, avec des revenus estimés à 2,3 milliards de dollars en 2021 selon la plateforme de statistiques Statista. C’est pourquoi d’importantes entreprises, comme Sony ou Microsoft par exemple, utilisent leur influence afin d’exercer une certaine pression sur le gouvernement russe. Les domaines représentés par les 500 entreprises ayant boycotté la Russie sont très variés (Banques et investissement, divertissement, alimentation, mode, etc.) et la coupent presque entièrement du reste du monde. Le fait que l’industrie du jeu vidéo se joigne à ce boycott permet donc de rajouter une pression supplémentaire en privant la Russie d’un autre pan de culture. Bien entendu, l’impact sera aussi considérable sur l’économie du pays, en coupant d’un coup les revenus massifs qu’engendraient le jeu vidéo.

Cependant, il est important de remarquer que la Russie est un marché favorisant les jeux mobiles. Dans une interview donnée à CNBC, Lewis Ward, directeur de recherches en jeu vidéo dans la firme d’analyses IDC, affirme que « La Russie est d’abord un marché de mobile, puis de PC et enfin de consoles. » Selon lui, un boycott venant de la part d’Apple ou de Google, voire de Valve, pourrait vraiment mettre à mal l’économie du jeu vidéo en Russie. Il n’oublie pas de préciser que Sony est le constructeur favori en Russie, et que le retrait de ses produits est déjà un « beau caillou » dans la chaussure russe.

La situation en Ukraine est toujours tendue, et l’issue du conflit reste floue. Alors que le nombre de réfugiés continue d’augmenter, la communauté internationale continue de sanctionner le gouvernement russe et sa population. Pour l’instant, la Russie continue de faire la sourde oreille. Reste à voir si d’autres entreprises se joindront au boycott ou décideront d’aider la population ukrainienne afin de faire avancer les choses dans la bonne direction.

-Enzo Martinez

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Enzo Martinez

Étudiant en journalisme à l’ISCPA Lyon, j’espère travailler dans une publication traitant de mes passions. Grand amateur de pop culture, j'aime écrire sur des sujets tels que le jeu vidéo, le cinéma et la musique.

One thought on “Guerre en Ukraine et jeux vidéo : comment les entreprises réagissent ?

  1. Gamb dit :

    Sur tout quand 30% de Ukraine parle que le Russe et 50% préfère parler le russe …. quand tu supprime la langue russe des jeux tu sanction aussi les Ukrainiens.
    Dommage que personne ne sanction l’Ukraine pour les crimes a Donbass. Ah oui ca intéresse personne en Europe et les USA c’est vrais.
    Si non quand tu vois que les villes qui sont prisent par la Russie sont bombardé par l’armé Nazi de l’Ukraine, les marché, boutiques, les écoles et les maisons de soins alors que quand la Russie les a pris tout était indemne…

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